L’exposition Le Savoir en Trompe-l’œil, Corée 18e-20e siècle est la troisième et dernière exposition dans le cadre de l’année Corée au musée Guimet. Elle invite à une plongée fascinante à la découverte d’un art du trompe-l’œil en Corée, entre bibliothèques savantes et mondes oniriques !
Pour la première fois au musée Guimet, une exposition redonne à ce mouvement pictural sa place centrale, loin de l’image folklorique ou purement décorative qui lui est trop souvent associée.
Elle démontre que la Corée du Joseon était tout l’inverse d’un «royaume ermite» mais un pays ouvert, curieux, en dialogue constant avec le monde.
Peintures de bibliothèques
À la fin du 18e siècle en Corée, dans le royaume du Joseon, le roi Jeongjo trouve dans la contemplation d’une peinture de bibliothèque un moyen de demeurer symboliquement entouré de ses livres : un trompe-l’œil prolongeant l’esprit du cabinet d’étude, stimulant la vertu, la curiosité et la conversation savante.
Jeongjo confie alors aux peintres de l’Académie royale la réalisation des premières peintures de bibliothèques en trompe-l’œil, installées dans son cabinet de travail ou même derrière son trône.
En alliant l’érudition chinoise et le savoir-faire européen en matière de trompe-l’œil, les peintres coréens développent un usage singulier de la perspective : le chaekgeori.
Rapidement, ce nouvel art du livre et des objets se diffuse : livres, porcelaines, bronzes archaïsants, instruments d’écriture ou objets venus de Chine, du Japon ou d’Occident s’accumulent dans un jeu d’illusions optiques savamment maîtrisé.
Loin des vanités européennes, ces bibliothèques peintes ne renvoient pas à des collections réelles, mais à un cabinet des désirs, à ce que l’on aspire à posséder un jour.
La bibliothèque s’éloigne du réel pour rejoindre un univers à mi-chemin entre surréalisme, fauvisme et onirisme.