Dance, dance, otherwise we are lost. La phrase de Pina Bausch ouvre lʼexposition, moins comme un slogan que comme une question. Elle pose celle que Keep Dancing déploie sur cinq espaces et deux étages : que devient la danse quand le corps qui la porte est numérique ?
Cʼest le monde dʼaprès. Au rez-de-chaussée, le corps sʼest lentement effacé, laissant place à ses doubles numériques. Une dystopie douce — un glissement quʼon accepte presque sans le voir.
À lʼétage, autre chose se dessine. Le corps et son double ne sʼopposent plus : ils restent distincts, mais cessent de se lire comme un original et sa copie. Le geste naît dans le corps de Núria et se prolonge dans lʼavatar, changeant de matière sans cesser dʼêtre reconnaissable. Ce nʼest pas le corps qui continue, cʼest la danse.
Cette traversée est portée par un dialogue entre Tiler Gab, plasticien lumière, et Núria Guiu Sagarra, chorégraphe. La lumière relie les deux mondes et participe de leur fusion. La chorégraphie en donne la matière vivante – une phrase dansée qui se répète et se transforme jusquʼà devenir une boucle infinie, sans poids ni fatigue.
Lʼexposition ne prend pas position sur ce futur. Elle ralentit le regard pour donner au visiteur le temps de sentir son propre poids, sa propre respiration.